RUTH

Chapitre Deux

LE CHEMIN VERS LE CHRIST RÉEL

Les noms dans l’Ancien Testament sont très significatifs. Comme nous l’avons vu, un homme appelé « Dieu est mon Roi » (Élimélec) a épousé une femme appelée « plaisante » (Naomi) et ils ont eu deux fils : « doux » (Mahlôn) et « languissant » (Kilyôn). Cette famille a quitté « Maison de pain » (Bethléhem) dans la terre promise pour séjourner dans la terre des Moabites, un peuple maudit par Dieu. Pourquoi ont-ils fait cela? À cause de la famine. Il y avait un manque de nourriture dans la maison de pain. Quelle en était peut-être la raison?  L’histoire du livre de Ruth se déroule à l’époque du règne des juges, un temps de confusion où les dirigeants étaient inadéquats. Une direction inadéquate résultera toujours en un approvisionnement de nourriture inadéquat parmi le peuple de Dieu.

LA DIRECTION INADÉQUATE RESPONSABLE
DE L’EXPÉRIENCE DE LA FAMINE

Les juges à cette époque avaient plus d’autorité que n’importe quel président dans l’histoire des États-Unis. Aux États-Unis il existe un système de pouvoirs et contrepouvoirs qui fait partie du gouvernement afin de permettre l’équilibre de l’État. En Israël, à cette époque, les juges possédaient le pouvoir absolu de rassembler le peuple pour la guerre et de faire et de mettre en vigueur des règles et des lois. Vous devez vous rendre compte, par contre, que la condition d’un individu détermine la façon dont il dirigera le pays. Si les anciens sont vivants, alors l’église sera vivante. Si les anciens prient, alors l’église priera. La façon dont les anciens s’exercent déterminera la façon dont s’exerceront les saints dans cette église locale. Les dirigeants déterminent la situation dans une église locale. Le déplacement du Seigneur sur la terre s’accomplit au travers des ministères et non pas des positions. La façon dont une personne est constituée déterminera si elle sera capable de diriger sainement l’église.

Il semble qu’aucun des juges qui régnaient jusqu’au temps de Ruth ne connaissait adéquatement le Seigneur. Il y avait en fait un grand manque de bons juges, ce qui a causé un grand manque de nourriture pour le peuple de Dieu. Alors Élimélec, sa femme Naomi et ses deux fils, Mahlôn et Kilyôn, sont partis séjourner dans la terre de Moab.

Dans cette terre de peuple maudit, le fils « Doux » a épousé une femme nommée « Fraîche, » et le fils « Languissant » a épousé une femme nommée « Compagnon intime » ou « Berger. »   (La racine du mot « Ruth » a deux significations possibles : « compagne intime » et « celui qui nourrit le troupeau »). Cette famille est passée en fin de compte au travers de trois stades d’expérience afin de produire quelque chose pour Dieu.

PREMIER STADE : UNE MERVEILLEUSE VIE DE L’ÉGLISE

Le premier niveau d’expérience est celui de Bethléhem dans la terre promise. Élimélec et Naomi y ont expérimenté des richesses abondantes dans le lieu des bénédictions divines. Si un croyant n’a pas expérimenté ce stade dans sa vie chrétienne, il ne peut devenir un amoureux de Christ et l’église. Dans le premier stade, tout ce qu’un nouveau croyant voit, c’est la merveille de la vie chrétienne et de la vie de l’église. Il est capturé et il peut crier tout haut : « Dieu est mon Roi ! » La bonté l’accompagne. Pour ceux qui sont dans ce stade, la vie de l’église est pleine de nourriture. Ils sont amoureux de la vie de l’église, et ils aiment les saints. Selon leur expérience le Seigneur est si riche. Ils peuvent chanter avec appréciation : « Combien glorieuse est la vie de l’église, parce que nous festoyons d’un si riche approvisionnement ! »

SECOND STADE : LA FAMINE

De tels saints entrent enfin dans un autre stade. Après une certaine période de temps, ils feront peut-être le commentaire suivant : « les frères auraient pu faire ceci au lieu de cela » ou « les choses sont différentes, elles ne sont plus comme avant. » Peut-être que les choses ne sont pas aussi riches qu’auparavant, ou peut-être semblent-elles moins riches parce que vos opinions ont détourné votre cœur de Christ. De toute façon, quiconque expérimente une vie de l’église si riche, expérimentera aussi cela. Vous avez le sentiment que tout n’est plus si merveilleux ou qu’il manque quelque chose. Vous commencez à réfléchir à d’autres choses. Ceci est le commencement de la famine. Une telle expérience peut affecter un seul individu, ou encore toute l’église peut l’expérimenter. Peu importe, tous ceux qui ont été saisis par le Seigneur rencontreront ces sentiments et éprouveront un manque.

Lorsqu’une église entrera dans cette expérience, toutes sortes de choses pourront se produire. Certains partiront peut-être pour aller se joindre à une autre congrégation ou pour commencer leur propre groupe chrétien. Certains désireront expérimenter le pentecôtisme ou encore rechercher les bénédictions que d’autres groupes expérimentent. D’autres pourront se mettre à lire des livres de différents auteurs.

Lorsqu’une église ou un individu expérimente une telle famine, le Seigneur sera toujours avec eux. Lorsque les autres commenceront à se plaindre ou à questionner les dirigeants dans l’église, vous devrez apprendre à ne pas vous joindre à eux. Vous ne devriez ni être d’accord, ni vous laisser prendre dans cette sphère. Par contre vous devriez apprendre à dire : « Je ne comprends pas vraiment ce dont tu parles. » Ne vous engagez pas en aucune façon dans des soi-disant communions qui remettent en question ceux qui dirigent l’église, peu importe comment semble être la situation. C’est une grande protection pour votre vie chrétienne que d’apprendre à éviter tout genre de discussion à ce sujet.

La famine est une période d’épreuve. Autrefois tout le monde expérimentait une abondance de nourriture. Maintenant il n’est pas si facile d’obtenir de la nourriture. Lorsque vous rencontrerez de telles situations et il sera difficile d’être joyeux, vous devrez en fait vous en réjouir. C’est justement pendant ces situations-là que vous apprendrez à apprécier l’approvisionnement du Seigneur.

Lors de mon enfance ma famille était relativement bien nantie, car mon père occupait un haut rang dans l’armée. Nous avions des domestiques qui cuisinaient pour nous et prenaient soin de nos besoins. Lorsque nous allions à l’école à pied, nous pouvions nous permettre de porter de petit chauffe-mains au charbon qu’enviaient les autres étudiants. Ceci était notre situation jusqu’au jour où nous étions obligés de fuir devant les communistes qui envahissaient la Chine. Alors nous avions très peu à manger et nous devions nous déplacer rapidement de lieu en lieu. En tant qu’enfants nous chérissions pourtant plus cette période que lorsque nous semblions être riches, parce que nos parents étaient avec nous davantage au lieu d’être absents la plupart du temps. Nous avons vu également combien ils luttaient pour prendre soin de nos besoins. C’était une période heureuse pour nous. De plus, à cause de cette expérience-là, je me suis préparé beaucoup mieux pour tout ce qui se produirait plus tard dans ma vie. Sans ces quatre ou cinq années de pauvreté, je ne crois pas que je saurais faire face à toutes les situations aujourd’hui. Il en est de même spirituellement.

Aujourd’hui combien d’entre nous peuvent chanter : « La moitié même d’un tel trésor ne peut à peine être imaginée » avec le même sentiment que nous avions lorsque nous l’avions chanté pour la première fois? Aujourd’hui il semble que nous chantons habituellement des cantiques de vérité, car nous n’avons plus le sentiment que la vie de l’église déborde de jouissance. Heureusement que nous ne nous arrêtons pas ici. Cette expérience continue jusqu'à ce que nous devenions faibles et languissants, tels que signifiés par les noms des deux fils de ce couple.

A ce stade vous devenez un échec dans la vie de l’église. Soit vous tombez de plus en plus dans les choses du monde, à savoir des distractions, soit vous vous occupez de toutes sortes de choses autres que la vie de l’église. Si vous terminez votre secondaire, vous essaierez peut-être d’aller à une université loin des saints. Si vous terminez l’université, il se peut que vous serviez le monde au lieu du Seigneur. Vous ne devriez pas juger ceux qui subissent ces expériences. De tels saints sont peut-être faibles. Si vous voulez croître, vous devrez pourtant expérimenter de la faiblesse. Certains, dans leur faiblesse, expérimentent publiquement des échecs très sérieux, tandis que d’autres expérimentent des échecs plus silencieux et cachés. Au début ils proclamaient qu’ils suivraient le Seigneur de façon absolue. En arrivant à ce stade, ils doivent confesser qu’ils ont échoué.

Quand le Seigneur a demandé aux disciples si n’importe lequel d’entre eux était capable d’être baptisé du baptême dont Il serait baptisé, ils ont tous prétendu pouvoir Le suivre (Marc 10:38-39a). Combien ont pu Le suivre jusqu'à la croix ? Pas un seul ne L’a accompagné. Rendez-vous compte alors que si vous pouvez suivre le Seigneur dans la vie chrétienne, c’est entièrement grâce à Sa miséricorde. Ceux qui aiment le Seigneur et qui expérimentent Sa bénédiction expérimenteront aussi de la sécheresse et des limitations. Dans cette situation ils se rendront compte que la seule raison pour laquelle ils peuvent aimer le Seigneur est Sa grâce. De tels saints commencent à expérimenter quelque chose de réel dans leur rapport avec le Seigneur; ils ne vivent plus dans les rêves.

Nous ne devrions pas être si prompts à juger que certains saints sont bons et d’autres mauvais. Tous ceux qui suivent le Seigneur expérimenteront beaucoup de choses tout au long de leur pèlerinage chrétien. Leur succès ou leur échec ne sera pas déterminé avant leur dernier souffle. Tout ce qui précède fait partie d’un processus. Que vous soyez vainqueurs à un moment donné ou que vous soyez faibles à un autre moment donné, il est certain que vous devez passer par tous ces stades d’expérience: aimer victorieusement le Seigneur, confronter de l’insatisfaction dans la vie chrétienne et dans la vie de l’église, et entrer dans l’expérience de la faiblesse. Le Seigneur vous permettra d’expérimenter chacun de ces stades afin que vous parveniez à Le connaître véritablement.

C’est à ce moment que l’accent du livre de Ruth se détourne des deux frères vers Naomi, une dame. Elle n’a maintenant ni de mari ni de fils. Les enfants représentent l’espoir, et le mari est la personne dont la femme dépend le plus. Naomi n’avait plus d’espoir. Elle n’avait plus personne de qui dépendre.

Dans notre vie de l’église ou notre vie chrétienne, nous nous fions souvent à quelque chose ou nous mettons notre espoir en quelque chose autre que le Seigneur Lui-même. Peut-être que c’est notre habileté spirituelle ou notre opération dans la vie de l’église. Le Seigneur doit en fin de compte enlever toutes ces choses. Ceci est une leçon très profonde. Peut-être que nous aimons vraiment servir les jeunes parmi nous et nous sentons que sans eux notre vie chrétienne serait vide. Le Seigneur nous amènera enfin à un point où nous ne nous fierons plus à de telles choses dans la vie de l’église. Nous pouvons avoir le sentiment que nous pouvons nous fier à nos parents spirituels dans la vie de l’église, mais ce n’est pas le cas. En fin de compte, la seule personne à qui nous puissions nous fier, c’est le Seigneur Lui-même.

Paul a dit qu’il avait seulement semé, et qu’Apollos avait seulement arrosé, mais que c’était Dieu Lui-même qui a fait croître. (1 Cor. 3 :3-7) Ceci est une grande leçon, mais même ceux qui sont jeunes dans le Seigneur peuvent l’expérimenter. Nous devons contacter les saints pour avoir de la communion mais nous ne devons pas nous fier à eux plus qu’au Seigneur. D’autres peuvent nous aider à lire la Bible, à prier ou à comprendre certaines choses, mais ils ne peuvent pas nous donner de la croissance. Le Seigneur seul est capable de nous donner de la croissance.

Le Seigneur a accompagné Naomi au travers de ces stades jusqu’à cette expérience nécessaire. Elle avait un mari nommé « Dieu est mon Roi. » Le témoignage de son mari, c’est-à-dire que Dieu était son Roi, a été enlevé à Naomi. Ensuite les deux fils de Naomi lui ont été enlevés, et elle est demeurée seule. Il ne lui restait plus rien en quoi se fier ou en qui espérer. C’est pourtant à ce moment précis qu’elle a expérimenté un renouveau spirituel.

TROISIÈME STADE : REVENIR À CHRIST LUI-MÊME

De qui le Seigneur est-Il le plus précieux ? Le Seigneur expérimenté par celui qui n’a pas d’échecs, ou le Seigneur expérimenté par celui qui expérimente des échecs et de la faiblesse ? Certes celui qui arrive à connaître ses faiblesses et ses manques pourra connaître le Seigneur de façon plus profonde. Cependant nous devons venir au Seigneur dans nos faiblesses afin de Le connaître plus profondément.

Lorsque j’étais dans mon entraînement militaire, en train d’apprendre à devenir interprète en anglais, j’utilisais tout mon temps libre pour lire la Bible. Je la lisais pendant chaque pause. Ensuite j’ai fait une prière saisissante. J’ai dit au Seigneur : « Seigneur, Tu ne peux pas me demander de faire mieux que cela. À chaque minute, à chaque pause et à chaque occasion je suis en train de lire Ta parole. Tous les matins je jouis de Ta présence. Seigneur, je te rends grâces de ce que je peux T’aimer autant que cela. » J’aurais dû prier : « Seigneur, attire-moi davantage. » Ce même jour, lorsque j’étais en classe, j’ai éprouvé une douleur très profonde dans ma poitrine. Je me suis couché. Le lendemain je suis allé à l’hôpital de la base. Celui qui a pris une radiographie n’était pas médecin, et il n’a donc rien vu. Il a quand même envoyé la radiographie pour une analyse. Dimanche je suis allé à la réunion des enfants pour diriger les chants comme d’habitude, toussant continuellement. Lundi soir j’ai reçu un courrier express en m’instruisant de me rendre immédiatement à l’hôpital. J’avais un collapsus pulmonaire. J’ai passé quatre semaines à l’hôpital à récupérer. Je n’ai pas pu lire la Bible du tout pendant cette période-là. Pourtant le Seigneur m’est devenu si riche.

Nous disons souvent au Seigneur que nous sommes en train de faire quelque chose pour Lui, ou que nous sommes vraiment pour Lui. Tout ce que le Seigneur doit faire, c’est nous toucher juste un tout petit peu. Nous nous rendrons compte alors que nous ne pouvons rien faire pour Lui. Il a simplement touché mon poumon et je ne n’avais même pas la force de lire la Bible. Le Seigneur désire que nous nous attachions à Lui plus qu’à toute autre chose, même plus qu’à lire la Bible, à donner des messages ou à prêcher l’évangile. Il est certain que lorsque nous expérimenterons le Seigneur nous ferons ces choses. Mais ce qui nous devient le plus précieux, ce n’est aucune de ces choses extérieures; ce qui nous devient le plus précieux, c’est Christ Lui-même.

C’est pendant les temps difficiles que le Seigneur vous devient le plus réel. Lorsque vous serez en difficulté, vous poursuivrez Christ plus désespérément. Je ne sais pas comment Naomi a accepté la mort de son mari et de ses deux fils, mais son expérience l’a assurément amenée dans une vallée profonde. Cependant, après toutes ces souffrances, elle s’est relevée et elle est devenue une femme spirituelle.

Elle s’est relevée, nous dit la Bible, avec ses deux belles-filles et elle a cherché à retourner en Israël, car elle avait appris que l’Éternel avait rendu visite à Son peuple et lui avait fourni du pain. (Ruth 1 :6) Elle avait encore deux bonnes sœurs, qu’elle avait gagnées dans la terre de Moab. Elle s’est rendue compte à ce moment-là que tout ce que le monde avait à lui offrir n’équivalait à rien, et qu’elle était prête à retourner.

Plusieurs de mes camarades de classe étaient très ambitieux lorsqu’ils étaient à l’université. Ils visaient à devenir ambassadeur, président-directeur général, ou professeur à l’université. Pourquoi beaucoup de mes camarades de classe sont-ils si réceptifs à l’évangile actuellement, à ce stade avancé de leur vie? C’est parce qu’ils ont découvert que tout ce qu’ils ont poursuivi n’a aucune valeur. Un frère infiniment fortuné m’a dit il n’y a pas tellement longtemps que ce que Salomon a dit est absolument vrai – tout ce qui est sous le soleil est vanité. Sa richesse semblait être si extraordinaire, mais sa réalisation était : « Vanité des vanités. » À une récente journée des anciens, certains de mes camarades de classe m’ont dit qu’ils auraient souhaité prendre le chemin que moi, j’ai pris. Ils m’enviaient car ils savaient que j’avais trouvé la maison du pain.

Eux-mêmes ne connaissent même pas la moitié de ma vie. Ils ne savent pas comment j’ai gagné et joui de Christ pendant les cinquante dernières années, et combien riche le Seigneur m’est devenu. Ce Christ même a été œuvré en moi tout en devenant mon centre, ma portion, et mon opération.

Le Seigneur a visité Son peuple et lui a donné du pain. La vraie satisfaction se trouve en Christ Lui-même. Lorsque certains en seront conscients, ils se relèveront en se rendant compte qu’il n’y a rien d’autre qui est digne de poursuite. Christ seul est digne de notre poursuite.

Que le Seigneur nous soit miséricordieux afin que nous poursuivions uniquement Christ!

 

 

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